Canal lombaire étroit

FICHE D'INFORMATION

Madame, Monsieur,

Vous allez être opéré(e) d’un canal lombaire étroit (C.L.E.).

IMG 0325Il s’agit d’un rétrécissement constitutionnel ou acquis de votre canal rachidien lombaire, le plus souvent lié à l’arthrose, parfois aggravé par un glissement des vertèbres les unes par rapport aux autres (spondylolisthésis).
Ce rétrécissement est à l’origine de l’apparition de lombalgie et surtout de compression des racines nerveuses à l’intérieur du canal vertébral, responsable de sciatiques, de cruralgies, diversement associées et bilatérales le plus souvent.
Ceci entraîne des troubles de la marche appelés claudication et peut aboutir, à son terme évolutif à une paraplégie progressive, c'est-à-dire, une paralysie, plus ou moins importante des membres inférieurs, parfois associée à des troubles sphinctériens.
Après avoir eu un traitement médical, rhumatologique complet, votre médecin ou rhumatologue, en accord avec vous, a décidé de vous orienter vers un chirurgien.
Rarement la décision opératoire est prise lors de la première consultation, sauf si un bilan radiologique complet a déjà été fait.

IMG 0320Un bilan complet comportant, des radiographies, un scanner ou une myélo-IRM sera prescrit. . Ces examens permettront de préciser, le siège, l’étendue, l’importance, le caractère dynamique de la compression et nous conforter ou non dans le bien fondé de l’indication chirurgicale.
L' I.R.M. vous sera commenté de toute façon en consultation.
La décision chirurgicale est prise à votre demande, en accord avec votre chirurgien car vous estimez que votre qualité de vie est incompatible avec une vie normale et nous estimons qu’il existe des signes de gravité, de cette sténose du canal vertébral.

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Le but de l’opération est de libérer votre canal vertébral en élargissant celui-ci aux étages comprimés, de libérer les racines les unes après les autres, voir de stabiliser un étage instable.

L’objectif fonctionnel est, au pire de stabiliser les lésions et la gêne fonctionnelle ressentit, au mieux de vous soulager tout ou partiellement d’une pathologie, dont la récupération fonctionnelle est difficile à appréhender en pré-opératoire.


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L’intervention dure entre 1h et 2h en fonction de l’importance de la libération à réaliser.


Vous êtes installé(e) en position dite genu-pectorale.
L’incision est postérieure et a lieu le long de la ligne des épineuses et est adaptée à l’étendue de la libération.

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En fin d’intervention
, des drains sont positionnés pour drainer le rachis et éviter l’apparition d’un hématome post-opératoire.

Après l’opération, vous êtes transféré(e) en salle de pré-réveil où, immédiatement, dés les premiers signes de réveil, il vous est demandé de bouger vos pieds.

Vous êtes transféré(e) en salle de soins post-interventionnelle (S.S.P.I.) pour surveillance et démarrage d’un traitement antibiotique, anti-coagulant et anti-douleur.
Vous êtes transféré(e), dés que votre état le permet, dans votre chambre, quelques heures après l’intervention, où les traitements et la surveillance seront  continués.
Un repos de 24h est respecté pour permettre de récupérer de l’intervention et permettre au saignement de votre colonne vertébrale de se stabiliser.
Une surveillance neurologique est instituée.

Votre chirurgien vous verra systématiquement, le soir de l’intervention puis régulièrement tous les jours, à défaut, le chirurgien de garde.
Les drains seront enlevé en fonction du drainage à la 48ème voir 72ème heure post-opératoire.
Les kinésithérapeutes vous mobiliseront, dés le lendemain, vos membres inférieurs et la levée aura lieu à la 48ème heure.

La durée moyenne de votre séjour se situe entre 4 et 7 jours post-opératoires.

Un corset pourra être prescrit en fonction de l’intensité des douleurs post-opératoires.

Votre entrée dans la chirurgie est un moment important surtout pour la chirurgie de la colonne vertébrale. Il s’agit d’une chirurgie difficile aux résultats parfois ingrats, grevée de complications.
Elle est réalisée qu’à votre demande et en accord avec votre chirurgien.
L’équipe médico-chirurgicale qui va vous prendre en charge aura pour seul but, conformément aux données de la science actuelle, de vous donner le meilleur résultat fonctionnel post-opératoire au prix d’un minimum de complications.

Cela dit, un certain nombre de complications existent et dont nous vous informons.


EN PER-OPERATOIRE :

  • une plaie de la dure-mère (enveloppe méningée des racines à partir de D12-L1, fin de la moelle épinière) est possible, elle sera suturée pendant l’opération et le plus souvent sans conséquence en dehors d’éventuelles céphalées,
  • une plaie d’une racine nerveuse est possible en raison d’une compression sévère, d’un saignement important, d’une maladresse chirurgicale,
  • une hémorragie per-opératoire est possible du fait de gros plexus veineux péri-radiculaire, aggravée par un tour du retour veineux, d’autant qu’il existe
  • une surcharge pondérale, une tension élevée, une mauvaise installation sur la table d’opération,
  • une transfusion per-opératoire peut être nécessaire

EN POST-OPERATOIRE :

  • un saignement massif, insuffisamment contrôlé par le drainage post-opératoire, peut être à l’origine d’un hématome compressif appelé hématomyélie et nécessitant une réintervention de décaillotage en urgence. Cet hématome peut être responsable de troubles neurologiques tout ou partiellement régressif en post-opératoire,
  • une phlébite peut survenir du fait de l’alitement nécessitant un doppler des membres inférieurs et un traitement anti-coagulant adapté,
  • un saignement important peut entraîner une anémie pouvant nécessité des transfusions avec leurs complications spécifiques,
  • un hématome infecté ou un abcès peut survenir soit par contamination lors de la chaîne de soins soit à partir d’un foyer infectieux propre nécessitant, le plus souvent, une réexploration de la plaie opératoire et une antibiothérapie,
  • une fuite de liquide céphalo-rachidien (L.C.R.) peut persister malgré le drainage et le suture per-opératoire et nécessité une nouvelle intervention,
  • une aggravation des troubles cliniques pré-opératoire peut s’observer par l’œdème et l’hématome post-opératoire qui vient aggraver une situation précaire pré-opératoire, un traitement aux corticoïdes peut être nécessaire temporairement.


A DISTANCE :

  • des radiculalgies (sciatique ou cruralgie) peuvent persister. Elles sont liées à la récupération lente, longue et parfois incomplète de vos racines. Le geste chirurgical n’y est pour rien. Il s’agit de douleur de désafférentation d’un tissu malade en pré-opératoire,
  • des lombalgies peuvent persister, du fait de l’arthrose vertébrale multi-étagée, pour lesquelles, la libération radiculaire étagée n’a apporté aucune solution,
  • une aggravation des signes pré-opératoire peut s’observer, soit par constitution d’une fibrose post-opératoire dans les mois qui suivent l’opération, soit dans les années qui suivent soit par sténose au dessus des étages opérés, soit par repousse osseuse dans les zones déjà opérées, soit par glissement des vertèbres liées les unes par rapport aux autres aux étages opérés et ceci est contrôlé par une radiographie de contrôle au 6ème mois post-opératoire,
  • des lombalgies et des céphalées chroniques, en rapport avec la constitution d’une poche de LCR (méningocèle) dans les suites d’une brèche dure-mérienne, peuvent s’observer, nécessitant un traitement neuro-chirurgical spécifique.


Malgré tout ces problèmes ou complications, la chirurgie de la sténose lombaire, dans les bonnes indications et bien réalisée donne le plus souvent une satisfaction au patient.
Cette liste de complications n’est pas exhaustive, d’autres explications peuvent survenir et je suis à votre disposition pour vous en informer.

Bon courage pour cette intervention.

Dr Alain MONOD

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